Juriste de formation et fort de plus de 20 ans d’expérience dans la mobilité d’entreprise, Vincent Remion accompagne les sociétés dans la définition de leur Car Policy et l’optimisation de leur gestion de flotte. Chez Mobbizz, il a eu l’occasion d’analyser de nombreux postes de coûts liés aux véhicules de société. Il livre ici un éclairage pragmatique sur le boîtier additionnel. Un équipement souvent ignoré des décideurs fleet, mais pertinent pour une partie non négligeable des flottes actuelles.
Soyons directs : en 2026, la question du boîtier additionnel pour une flotte d’entreprise en Belgique ne peut pas s’aborder sans parler de fiscalité. Et le tableau est sévère.
Les véhicules de société thermiques commandés à partir du 1er janvier 2026 ne sont plus déductibles fiscalement, ni le leasing, ni l’amortissement, ni les frais connexes : entretien, assurances, carburant. Rien. Les contrats conclus entre juillet 2023 et fin 2025 bénéficient encore d’un régime transitoire : 50 % de déductibilité en 2026, 25 % en 2027, zéro en 2028. La cotisation CO₂ suit la même trajectoire ascendante, avec des montants qui triplent en deux ans. Et les hybrides rechargeables dépassant 75 g/km de CO₂ sont désormais traités comme des thermiques purs.
Face à cela, les véhicules 100 % électriques restent déductibles à 100 % jusqu’à fin 2026, avant un calendrier dégressif qui reste malgré tout favorable. Pour les sociétés, la direction fiscale est donc sans ambiguïté : l’électrique s’impose comme la norme pour tout nouveau véhicule de société.
La réponse honnête, c’est : pour les flottes qui ont encore des véhicules thermiques ou hybrides en cours de contrat. Et elles sont nombreuses. Toutes les entreprises n’ont pas basculé du jour au lendemain. Les contrats de leasing courent sur trois, quatre, parfois cinq ans. Des véhicules thermiques commandés avant 2026 circulent encore et continueront à le faire pendant des années. Ce parc existant doit être géré, optimisé, entretenu et aucune contrainte fiscale ne change le fait qu’un moteur thermique qui travaille dans ses conditions optimales coûte moins cher à faire tourner.
C’est précisément là qu’intervient le boîtier additionnel de qualité. En optimisant la disponibilité du couple à bas régime, il permet une conduite plus souple, une sollicitation moindre du moteur, et potentiellement une réduction de la consommation de carburant sur les trajets mixtes. À l’échelle d’une flotte de véhicules en fin de contrat, chaque dixième de litre aux cent compte.
Il y a aussi un cas à part : les véhicules utilitaires légers thermiques : camionnettes, pick-ups, fourgons. Ceux-là ne sont pas concernés par la réforme fiscale et conservent leur régime de déductibilité habituel. Pour ce segment, la pertinence du boîtier additionnel reste entière, indépendamment du contexte fiscal des voitures de société.
Enfin, il faut mentionner les indépendants en personne physique, qui bénéficient encore d’un traitement différencié sur les hybrides rechargeables. Pour eux, la mécanique fiscale n’est pas encore complètement fermée, et l’optimisation d’un véhicule en cours d’utilisation garde tout son sens.
« Le boîtier additionnel ne change pas l’équation fiscale. Mais il apporte une optimisation dans un parc en transition. Et c’est déjà beaucoup. »
Vincent RemionOn pourrait croire que le débat est clos : l’électrique pour les sociétés, point final. La réalité est plus incertaine.
L’Union européenne, après avoir affiché une trajectoire vers l’interdiction des motorisations thermiques en 2035, a depuis lors tempéré ses positions. Plusieurs constructeurs ont remis des motorisations thermiques et hybrides légères à leur catalogue ou différé des décisions stratégiques. Dans beaucoup de pays européens, des voix s’élèvent régulièrement pour pointer les limites pratiques du passage forcé à l’électrique : infrastructure de recharge insuffisante, coût d’acquisition, autonomie en conditions hivernales, gestion de l’énergie sur les sites d’entreprise.
Je ne prétends pas savoir ce que sera le cadre fiscal en 2028 ou 2030. Et c’est précisément le problème : personne ne le sait vraiment. Dans ce contexte d’incertitude, les gestionnaires de flotte avisés évitent les paris à long terme et privilégient les optimisations à court terme, réversibles, sur ce qu’ils ont déjà.
Un boîtier additionnel de qualité répond exactement à cette logique.
Pour les véhicules concernés, la question de la compatibilité avec la Car Policy reste légitime. La réponse est simple : un boîtier additionnel qualitatif, développé spécifiquement pour chaque motorisation, avec connectiques d’origine constructeur et protections électroniques intégrées, est entièrement amovible. Il ne laisse aucune trace dans le calculateur moteur une fois retiré. En fin de contrat de leasing, le véhicule retrouve sa configuration strictement d’origine.
Certains boîtiers, comme ceux de P-Tronic, sont homologués TÜV, ce qui offre une base sérieuse pour toute discussion avec un assureur ou un loueur. Dans une Car Policy, cet équipement s’encadre simplement : spécification du produit autorisé, information à l’assureur, retrait en fin de contrat.
Le boîtier additionnel n’est pas une réponse à la transition énergétique des flottes. Ce serait lui faire dire ce qu’il ne dit pas. C’est une optimisation concrète, réversible et bien documentée pour les véhicules thermiques et hybrides encore en circulation. Dans un parc qui sera progressivement renouvelé vers l’électrique, ces véhicules méritent d’être gérés intelligemment jusqu’au bout.
Pour le bon véhicule, avec le bon produit et des attentes réalistes, c’est exactement ce qu’un gestionnaire de flotte rigoureux est en droit d’attendre.
Vincent Remion est juriste de formation et expert en stratégies de mobilité d’entreprise. Fondateur de Mobbizz (www.mobbizz.be), il accompagne les sociétés dans la définition de leur Car Policy, la gestion de flotte et l’implémentation de budgets mobilité sur mesure. Cet article constitue une tribune d’opinion indépendante rédigée sur la base de son expérience professionnelle. Il n’engage que son auteur.
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